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11 Novembre 1941 : Le Général WEYGAND visite l'Ecole de Cavalerie.

Hier matin, à 11 heures, le général commandant en chef Weygand, délégué général du Gouvernement en Afrique française, gouverneur général de l'Algérie, a visité l'école de cavalerie d'Hussein-Dey, et ensuite inauguré officiellement le café maure spécialement construit à l'intérieur de la caserne pour les élèves indigènes de l’école de cavalerie.

A son arrivée, le général commandant en chef Weygand, accompagné de M. le gouverneur général Chatel, gouverneur général adjoint de l'Algérie, et de son officier d'ordonnance, le capitaine de La Conté, était accueilli par le colonel Gruss, commandant l’Ecole de cavalerie.

Parmi les personnalités on remarquait également le général de Boisboissel, représentant le général Koeltz, commandant la 19 ème région; le général Normand, commandant la division ; le général Kergoat, commandant l'artillerie; MM. Lavaysse, secrétaire général de la préfecture, représentant M. le gouverneur Pagès, préfet d'Alger; Marty, maire d'Hussein-Dey ; Richier, premier adjoint, représentant M. Rozis maire d'Alger; les colonels Hennocque, de Bazelaire, Beguery, commandant les 1er, 2ème et 3e spahis ; les colonels de la garde mobile et de la gendarmerie.
Tandis que la fanfare sonnait « Aux Champs », le général commandant en chef Weygand et sa suite passèrent sur le front des troupes.

11 Novembre 1941 : Le Général WEYGAND visite l'Ecole de Cavalerie.

Les honneurs leur étaient rendus par les élèves de la division à cheval, un peloton de spahis et les trompettes de tous les régiments ayant pris part aux fêtes du Centenaire, tous ces détachements présentés par le commandant de Chabot, commandant la division à cheval.

Le général commandant en chef Weygand, accompagné du gouverneur général Chatel et des autres personnalités, se firent présenter par le colonel Gruss les officiers de l'école, ensuite les aghas et bachaghas parmi lesquels se trouvait le Cheikh El Arabe ben Gana.

11 Novembre 1941 : Le Général WEYGAND visite l'Ecole de Cavalerie.

Visite des bâtiments

Après s'être entretenu un moment avec eux, le général commandant en chef et sa suite, sous la conduite du colonel Gruss, commandant l'école, visitèrent en détail les différents corps de bâtiments de l'école, dont chaque salle a été baptisée du nom d'un officier, sous-officier ou soldat mort pendant la guerre 39-40 ou la campagne de Syrie.


Le général commandant en chef Weygand et sa suite ont interrogé les élèves dépanneurs du cours d'ajustage et examiné leurs travaux. Le cortège se rendit ensuite au bâtiment Guérin, mess des sous- officiers et visita leur cercle et leur bibliothèque toute nouvelle qui renferme pourtant plus de 500 volumes.

Inauguration du café maure


Enfin eut lieu l'inauguration du café maure, petit bâtiment de style oriental aux couleurs vives élevé dans la cour « Vuillemot » grâce aux services d'architecture de la ville d'Alger, sous la direction de M. Dagnac, ingénieur en chef. De l'extérieur on y accède par des allées sablées dans un bouquet de pins où Jaillit un jet d'eau.

Aux sons d'une nouba, le général Weygand et sa suite atteignent les marches du seuil barré par deux sabres entre- croisés et lié» par un ruban tricolore. Le général accomplit le geste rituel et devant lui s'ouvre à deux battants la porte du café maure. Tour à tour, le général commandant en chef Weygand visite les différents locaux et goûte ensuite au délicieux café et aux pâtisseries arabes qui sont offertes. Laissant derrière lui un magnifique lieu de repos pour les élèves indigènes, à l'ambiance particulièrement attrayante, le général Weygand, salué par les trompettes des spahis, quitte l'école de cavalerie. Il se rendra aussitôt de l'autre côté de la route moutonnière, au camp Maréchal Pétain, en visite chez les Musulmans médaillés militaires de l'Afrique du Nord, auxquels à l'issue des fêtes du centenaire, un méchoui a été offert.

11 Novembre 1941 : Le Général WEYGAND visite l'Ecole de Cavalerie.

Le méchoui au camp Maréchal-Pétain

A l'entrée du camp Maréchal-Pétain sur l'ancien terrain d'aviation, le général commandant en chef Weygand, le gouverneur général Chatel et leur suite furent accueillis par le commandant Devèze, détaché pour l'organisation de cette manifestation, entouré de ses collaborateurs : Les lieutenants Parrot et Savary, les sous lieutenants Moriceau et Du Chatélie.

La musique des tirailleurs algériens, revêtue de son ancienne tenue, sonna « Aux champs » à l'arrivée du cortège officiel, puis Joua la « Marseillaise ».


La visite du camp

Aussitôt après que les personnalités musulmanes furent présentées au générai Weygand, les acclamations s'élevèrent de la multitude de tous ces braves qui escortaient en rangs serrés le cortège officiel. Par l'intermédiaire d'un interprète, le général Weygand leur fit adresser ses remerciements pour être venus si nombreux aux fêtes du Centenaire.


Ensuite le cortège traversa» dans tous les- sens l'immense camp où médaillés militaires d'Afrique du Nord et tirailleurs algériens, confondus et groupés par région, se partageaient 200 moutons et plus de 25 quintaux de couscous, au total près de 6.000 convives réunis sur l'immense terrain pour ce repas de la fraternité d’armes franco-musulmane.

A tout instant, des cercles se formaient autour du cortège officiel et MM. Kébouche et- Djendl, au nom des médaillés militaires, adressèrent leurs souhaits de bienvenue au général Weygand, lui renouvelant leur volonté de servir, répondant ainsi à l'appel du Maréchal.

Une allocution du général Weygand

Alors le général Weygand s'adressa aux médaillés militaires qui l'entouraient et ses paroles étaient au fur et à mesure traduites par le capitaine interprète Bocquet.

« Mes amis médaillés militaires. » Il était impossible de célébrer ce centenaire des tirailleurs et des spahis sans appeler près de nous une quantité importante de ceux qui ont servi dans ces régiments. Sans vous, la fête n'aurait pas été complète : grâce à vous. elle l'a été. Votre présence nous a fait plaisir au cœur et hier, votre défilé, après celui des troupes, a été le plus émouvant de tous.

» Emouvant parce que dans un bel ordre, prouvant ainsi que vous n'avez pas oublié la discipline; émouvant donc par votre attitude, mais surtout par ce qu'on lisait dans vos yeux. Le ministre de la Guerre, avec qui J'ai traversé vos rangs, le dira au Maréchal ; il lui rendra compte de votre belle tenue.

» Vos orateurs ont dit que vous étiez contents. Sachez encore mieux: Je suis content que vous soyez contents. Soyez assurés de l'entière confiance que le maréchal Pétain et son délégué, c'est-à-dire moi, avons dans la population musulmane de l'Algérie.

» La devise du Maréchal est le « servir »; c'est bien faire son métier, qu'on soit agriculteur, marchand ou pêcheur. Voilà ce que demandent Allah et le Maréchal." 

Des acclamations éclatent de toutes parts, mêlées aux cris de « Vive la France ! Vive le Maréchal ! Vive l'Algérie ! Vive Weygand !

Avant de se retirer, lé général Weygand tînt à goûter au méchoui et au couscous offerts aux tirailleurs et aux médaillés. Après avoir visité les différents campements, interrogé et félicité chacun, le général Weygand et sa suite s'en allèrent vers 14 heures.

Tag(s) : #HUSSEIN-DEY ET L'HISTOIRE

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